Course d'Orientation, VTT, Trail

Festival des Hospitaliers 2010....la course!

Hervé

Mon premier trail long

Nant - 75km - 4000mD+

 


logo_festival.jpgC'est au début de l'été que je prends connaissance de cette course. Le village de Nant, sa longue histoire liée au trail, la motivation des organisateurs à mettre sur pied ce WE de course, me décident rapidement à m'inscrire sur le parcours longue distance!

Tout logiquement à la suite du trail tour du Thabor, je mets en place mon plan d'entrainement. J'avais pas mal de craintes  et d'interrogations jusqu'à la veille du départ, et comme pour beaucoup, le jour J tout s'est parfaitement déroulé, de bonnes sensations, une course pleine, un parcours technique et pas autant roulant que je ne le craignais, un décor pleins de couleurs et une équipe de bénévoles à saluer face aux conditions météos et aux exigences de plus en plus marquées de la part de certains coureurs...

200Eglise St Jacques, retrait des dossards

Samedi 30octobre, j'arrive sur Nant  en début d'après -midi, je m'acclimate en suivant les 29kms du Trail Larzac Dourbie. Je profite aussi de certains passages communs avec les 2 parcours pour prendre quelques repères pour le dimanche.

244La descente sur Cantobre, avant le final du Roc Nantais.

Dimanche 31octobre à 6h00, nous sommes plus de 200 au départ des 75kms. Nombreux sont ceux qui scrutent le ciel -il faut dire que les prévisions météos ne sont pas au mieux-  on aperçoit quelques étoiles et c'est avec un semblant de soulagement que l'on se prépare au départ!!!

Encore quelques airs musicaux -non sans rappeler certaines courses- puis les classiques recommandations de sécurité, et le coup de fusil est enfin donné.

210Je me suis placé dans le premier 1/3 du peloton, et bien que l'allure ne soit pas trop rapide je me laisse dépasser sur le 1er kilomètre, tout de bitume.

Durant 1 petite heure, la course se met lentement en route, quelques passages étroits obligent à se mettre sur le mode pause puis à repartir. Globalement je sens les coureurs prudents et concentrés, est-ce l'effet nuit ou est-ce simplement ainsi à chaque départ de longs trails? Au fond de moi ressort mon côté apprentissage, je suis à l'écoute de tout ce qui peut se dire et capte un maximum de détails qui peuvent avoir toute leur importance.

Depuis quelques temps, les conditions de course ont bien changé : le jour se lève et la pluie a fait son apparition. J'ai débranché la frontale et songe doucement au premier ravitaillement "liquide". Les 15 premiers kilomètres passent assez bien avec le sentiment d'être parti un peu plus vite que mes prévisions.

Arrive Sauclières, je fais le plein d'eau et repars sans trop trainer. 220Je repars en direction de St Jean du Bruel. Cette portion est assez rapide et en grande partie descendante.

St Jean du Bruel : temps de passage 2h21-distance parcourue 22km-position44ème

A St Jean, c'est juste un pointage avant la longue montée du Guiral. Je choisi de me couvrir un peu, car la pluie redouble et le vent est aussi de la partie, et je crains de ce fait le passage des crêtes à plus de 1300m d'altitude, avec la question que tout le monde se pose  : y aura-t-il de la neige?? avec le temps qu'il fait, on peut franchement s'en inquiéter.

J'attaque le montée, et doucement reprends des concurrents. Les jambes répondent vraiment très bien, et dans mon esprit une bonne partie de la course peut se jouer sur cette longue ascension de 900mD+. Me voilà confronté à un sacré dilemne : jouer de mon point fort et accélérer ou jouer la prudence et monter au train?


Je vais finalement "envoyer". Je suis ainsi, sauf contraint je n'arrive pas à rester derrière un coureur ou dans une file, cet esprit compétiteur est plus fort que moi. Je veux savoir jusqu'où je peux aller, je laisse de côté mon plan de course et laisse parler les sensations. J'espère simplement ne pas le payer dans les derniers kilomètres!

224Sur les parties hautes du Guiral, les conditions météos sont vraiment désagréables : le  plafond est bas, visibilité très moyenne, il fait assez froid, il pleut toujours et le vent souffle par rafale, bref rien de réjouissant. Mais encore une fois, ces conditions hostiles me motivent, voilà un défi de plus, j'aime jouer avec la nature et là je suis plutôt servi.

J'arrive enfin au "sommet", je m'en rends seulement compte lorsque j'attaque la partie descendante car jusqu'à présent difficile de savoir où l'on se situe avec ce brouillard.

Pic du Guiral : temps de passage 4h17-distance parcourue 37km700

La première partie de cette descente est horrible, on emprunte une piste forestière bétonnée,  ....qu'est ce que c'est monotone!! Heureusement, on retrouve un sentier toujours descendant mais du genre technique et très caillouteux. Plus bas, on retrouve la route, avant d'attaquer plus loin un mur, court mais un vrai. Et là que du bonheur, je suis sur les talons d'un groupe de 10 coureurs. Rien de mieux pour me stimuler, j'ai couru plus de 40km : ma plus longue distance en course jusqu'à ce jour et pourtant je ne faibli pas, j'en veux encore. Je passe le mur et cours vers Dourbies dans un état légèrement euphorique. J'enchaine les bosses, relance, double encore, bref tout va bien.

J'arrive au village, contourne quelques maisons, des bénévoles m'indiquent que le ravitaillement est dans la salle à 50mètres. Et là gros choc, c'est sous les encouragements et applaudissements que je suis accueilli, comme les autres coureurs d'ailleurs. Mais qu'est ce que c'est émouvant, j'ai adoré cette entrée!

Dourbies : temps de passage 5h12-distance parcourue 46km-position21ème

234Je retrouve Anne, qui s'occupe de moi, de mon ravitaillement. Quel bonheur qu'elle soit là, c'est un plus indéniable, je peux m'alimenter sans avoir à me soucier de mon sac. Quel soulagement. Je reste que quelques minutes pour ne pas refroidir  et reprends la course. A l'extérieur, je crois qu'il ne pleut plus, je n'y prête même plus attention.

Je m'embarque sur une route, je crains même avoir perdu la trace car le balisage semble moins précis, personne en ligne de mire, je suis seul et puis que cette portion de route est vraiment longue! Bref, je n'aime pas ce passage.

Ouf, je rattrape un coureur qui lui a trouvé ce plat goudronné assez reposant et plaisant, .....ah bon, ma foi les avis de chacun sont biens divergents!

227Plus loin on croise une route après une petite grimpette, et là surprise Anne m'attend. J'adore ces instants où seul dans ma course, dans ma bulle je reviens à la réalité avec ses encouragements. Ma course devient la notre, je cours pour moi, pour elle, pour tous les proches, toutes sortes de pensées défilent dans ma tête......, à tel point que c'est le trou noir pendant pas mal de kilomètres.

Trèves est en vue au passage du Serre du Cade, mais c'est trompeur, il reste pas mal de chemin à faire avant d'y arriver. Le secteur est boisé et le sentier mono-trace est plaisant et glissant. Je passe 2 coureurs sur une partie assez raide assurée par une main courante. Derrière, je relance pour essayer de les distancer dans la vallée du Trèvezel, mais je commence à peiner. J'approche des 55kms de course et les jambes raidissent, je dois à tout prix m'étirer une fois à Trèves.

233J'arrive au village, encore 500m de ligne droite pour arriver au ravitaillement. Anne est là et me trouve  un peu marqué par la course. Ah oui?

Trèves : temps de passage 6h30-distance parcourue 57km-position 18ème

Je m'alimente en solide, et prends à peine le temps de faire quelques étirements, et je repars aussi sec ....enfin presque, vu qu'il pleut toujours! Je n'ai même pas pris le temps de demander si devant les coureurs étaient loin ou pas!!. Dans ma tête, je me motive, encore 10 km pour atteindre Cantobre et ensuite c'est presque fini.

Alors que je ne m'imagine pas rejoindre d'autres concurrents, je me trouve sur les talons d'un groupe de 3 coureurs dans une zone délicate, tout en dévers et rendue très glissante par cette pluie incessante, même qu'une main courante aurait été la bienvenue. Je poursuis avec eux, ce qui me permet de récupérer quelques forces et puis après tout c'est plutôt sympa de se retrouver en petit comité. On s'apprête à traverser le Trèvezel et là ô surprise le passage à gué n'est pas au plus bas, séquence sensations!

trevezelUne fois traversé, on se dirige tous les 4 vers St Sulpice pour se lancer dans la montée du Causse Noir. C'est alors qu'au bas de la montée, je me prends à placer une accélération et laisse mes compagnons derrière. Durant 2 km je relance et conserve un bon rythme dans l'idée de faire le trou.

240

 

le choc

C'est alors que je me retrouve nez à nez avec 1 puis 2 puis.....7 coureurs. "Ben qu'est ce qui se passe"? "demi tour la course est neutralisée"!!

D'un coup d'un seul, j'ai pris mal aux cuisses, arrêté net comme cela ça fait drôle. Je laisse mon numéro de dossard à un bénévole qui le transmet par radio au QG de course.

St Sulpice+ xkm : temps de passage 7h31-distance parcourue 64km700-position 14ème

Sur le coup, c'est la déception stoppé à 12km de l'arrivée, c'est rageant. La suite est chaotique, on redescend au pont de St Sulpice en marchant. L'organisation nous indique de rejoindre Cantobre par la route, chose que nous faisons calmement, .... ben oui la course est neutralisée qu'on nous a dit, et pourtant certains coureurs arrivés après nous courent toujours et plutôt vite. On apprendra plus tard que la course n'a pas été neutralisée, qu'il y a eu simplement un changement de parcours..... re-coup dur.

249Il faut repartir de Cantobre, retrouver un brin de motivation, pas simple...... personne ne sait trop ce qu'il en est. La montée du Roc Nantais est d'un triste à pleurer, pas un spectateur, personne. 257Là, où la veille l'ambiance était enthousiasmante, là où le Roc a fait sa légende,  aujourd'hui c'est désert. Je monte seul, prends un gros orage sur le crâne, il pleut à seau. Drôle de fin de course. Malgré tout, je cours toujours, la descente du Roc est un vrai torrent, je patauge.

J'entends le speaker depuis quelque temps déjà, puis c'est l'entrée dans le village et les derniers mètres dans le parc de la mairie. Quelques spectateurs bravent la pluie.... Il est 15h30, j'en ai terminé, dommage j'étais dans un bon jour....

268

Déçu mais pas aigri, et puis quelques heures après, je me dis que j'ai tout de même réussi quelquechose de bien. Voilà certainement un format de course qui me convient bien...

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Commentaires
M
<br /> Je suis passé par là à la recherche de récits sur les Hospitaliers qui me tentent bien pour cette année.<br /> Une belle course pour ton premier ultra et le coup de moins bien qui n'est pas venu malgré un rythme rapide. Bravo.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> Merci Michel! Un beau trail que je conseille, avec une belle météo le parcours doit être magnifique! ambiance conviviale garantie !!<br /> <br /> <br /> <br />
O
<br /> Super tes sensations et tes 3/4 de course avant le passage chaotique dû à la neutralisation... Tu me sembles avoir eu une pêche d'enfer sur ces Hospitaliers et ça doit te faire plaisir; bien<br /> content pour toi :) Récupère bien de ta balade humide et à bientôt j'espère ;)<br /> <br /> <br />
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