Course d'Orientation, VTT, Trail

Le Trail Tour du Thabor 2010, .....la course

hervé

031Tout a commencé au mois de janvier. Ce début d'année s'annonce bien, les sensations sont bonnes, et c'est en feuilletant le calendrier des trail hivernaux, que je tombe sur l'annonce de la Skyrace by NB, organisateur commun du trail blanc de Serre Chevalier. Connaissant le site du Thabor, je coche très vite cette course et début février j'envoie mon inscription. Malheureusement les 4 mois qui vont suivre sont une succession de galères physique et morale. Pire encore, à la mi-mai, je suis sur le point de ne pas participer par manque de préparation!

Heureusement la semaine passée à Névache -début juin- m'a complètement remobilisé. J'ai retrouvé de l'envie, le contexte montagne m'a remotivé, et je me suis fixé un but à cette course : refuser de baisser les bras face à la cruauté de la vie et donner un nouveau sens à ma passion du sport.

Le challenge à relever est assez excitant, mais non sans peine. Il me reste 4 semaines pour caser un semblant de préparation et passer avec un minimum d'encombres les 40kms et 2600m de dénivelé positif.

A la veille du départ, c'est un méli-mélo de sentiments qui m'envahi : pleins d'interrogations mais gonglé à bloc pour ce trail du Thabor , aucune pression mais une volonté inébranlable de boucler ce tour. Bref, j'ai hâte d'y être.

 

Après une nuit passée à Briançon, nous sommes 4 à prendre la route de Névache ville-haute, dont Ghislain mon binôme de course.

Arrivés sur place, il ne fait guère plus de 6°C mais le ciel est magnifique et les conditions météos sont idéales. Avec Ghislain, on ne se presse pas trop, on a décidé de courir ensemble le plus longtemps possible, et la devise du début de course est "en dedans", du coup on se placera logiquement en queue de peloton. 002De coutume avant course, léger briefing et ô surprise, les 40km et 2600m de D+ se transforment en 42km et 3000m de D+?? (non vérifiés). Ma foi, au moins on n'est pas venu pour rien. 001

De l'entrée de ville-haute,  on passe devant la brasserie et la boulangerie, on contourne l'Eglise puis le Café Chez Guillaume  puis on quitte les dernières habitations pour replonger vers le Clarée par un large chemin.  S'en suit après à peine 2km de course le 1er embouteillage à l'approche de la première grimpette. Du grand classique me direz-vous?!!!

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Du coup, c'est l'occasion de papoter et réajuster la tenue, le sac, préparer les bâtons -jusque là fixés sur le sac-. L'ambiance est détendue et on sent que tout le monde est bien motivé à passer une sacrée journée. Après 10minutes d'attente, c'est reparti et pour le coup je me retrouve dans les 10 derniers. Je laisse Ghislain donner le rythme, je sais qu'il m'obligera à réduire ma vitesse, mais c'est notre consigne de course pour aller au bout.

Après cette première montée, on rejoint la chapelle Ste Barbe : point de départ du sentier du Chemin de Ronde. On dépasse un couple vétéran, c'est alors le début entre nous 4 de plusieurs  chassés-croisés  : en montée on les tire et sur plat c'est leur tour. C'est vrai que sur les parties "plates" où la relance est aisée,  Ghislain me freine volontairement, en d'autres circonstances je serais parti en longues foulées. Mais sur cette portion de plus de 1h30, je ne cesse de me contenir et accepte cette contrainte de course.

005Arrive le lac du Laramon, jusque là tout va bien, à 3 concurrents prêts on ferme la marche (au sens propre comme au figuré!). C'est à partir de ce point course que va débuter notre longue remontée, en reprenant un à un de nombreux coureurs. Et dans cette configuration, rien de tel pour garder le moral.

008La montée au lac du Serpent est assez courte, mais la pente commence sérieusement  à s'accentuer et les premiers concurrents que l'on dépasse ont déjà le souffle court et lourd?!! J'en suis même assez étonné à peine au 1/4 du parcours!

009Plus loin, la montée des Gardioles est d'un minéral époustouflant, j'adore ce cadre et  ce paysage. D'ailleurs certains randonneurs ne s'y sont pas trompés et ont bivouacé la nuit aux bords de petits lacs sans nom. On arrive alors sur les crêtes des Gardioles et le Col du Grand Cros à 2848m, puis encore une bonne grimpette de 300m D+ pour atteindre le Pas du Lac Blanc.

012013 Au final, cette première grosse difficulté du parcours (+1100m D+/12km) s'est effectuée sans encombre, toujours dans les traces de Ghislain. La descente va du coup pouvoir  débuter sereinement. 017

Comme annoncée lors du briefing, cette descente vers le lac Blanc est plutôt technique et vertigineuse. Des bénévoles assurent la sécurité en de nombreux passages techniques.

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Je passe devant Ghislain, mais reste sagement derrière un petit  groupe de 10 coureurs, c'est beaucoup trop délicat pour doubler à cet instant. J'attendrais d'être au bords du lac pour lancer une petite attaque. Je me sens vraiment bien et la remontée vers le col du Vallon va super bien passer. On a l'impression de traverser une plaine, la pente est douce et le tracé se fait en azimut, pas de sentier, du hors-piste. C'est génial.021

On passe alors le Col du Vallon, légèrement venté, les bénévoles sont habillés de coupe-vent et nous lâchent que pour eux ça caille sérieux. Faut dire qu'ils doivent poireauter depuis un bon moment à voir passer les coureurs  et autres randonneurs.

Passé le col, on redescend à travers un éboulis sans difficulté majeur, et voyant que tous les signaux sont au vert, je me lâche de plus en plus, et je prends un réel plaisir à gambader dans cet espace magnifique.025

On arrive rapidement en bas du col, sur des sentiers tout en herbe, très souples et très roulants, et on file direction le Chalet des Chamois : premier ravitaillement pK17 à 3/4h de la barrière horaire.

027Comme je le craignais, cette pause va me couper les jambes. J'ai besoin de m'alimenter en salé et de faire le plein en boisson, tout est vide. En 3h40 /17km de course j'ai bu ma poche de 1L5 et mon bidon de 800ml. L'arrêt est bien trop long : 15min, Ghislain m'attend et dans l'urgence, j'en oublie mes bâtons -bravo!- demi-tour oblige.

Bref à 10h55, on repart direction col des Méandes puis le Thabor. Je n'ai plus de jus, Ghislain prend le relais, j'ai du mal à rester au contact, mais je m'accroche, je sais qu'il me faut un peu de temps pour remettre la machine en route, le temps que la digestion fasse son travail....

028Petit à petit la forme revient, pourtant cela fait déjà un bon moment que j'annonce à Ghislain que je vais prendre le relais mais le pauvre ne voit rien venir! On franchi une passerelle de torrent et je choisi ce moment pour passer devant.  On rattrape des concurrents bien mal lotis, quasi exténués, et à chaque fois qu'on se rapproche d'un coureur j'accélère.  Je suis passé à un autre rythme de course, petits pas et montée soutenue, Ghislain me tient. C'est génial, je me sens en pleine bourre, et doubler des concurrents me stimule encore plus.

032On atteind le Col des Méandes, Ghislain me demande d'être prudent, de ne pas trop vite griller nos cartouches, c'est vrai que nous sommes qu'à mi-course, mais bon.... Je l'écoute car je sais que je n'ai pas forcément les 40km dans les jambes.

On poursuit  notre ascension du Thabor, la pente s'accentue vraiment. Les premières douleurs se font ressentir, mais je me fixe toujours comme objectif de passer le coureur qui me précède, pour ne pas gamberger et rester dans la course.

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Le paysage devient lunaire, l'espace est nu. On ne voit qu'une chose : cette file ininterrompue qui péniblement serpente pour atteindre la Chapelle du Thabor. C'est long, dur mais tellement beau. Je marche toujours en tête, Ghislain n'est pas trop loin, il s'accroche et je ne veux pas le lâcher.

A l'approche du sommet beaucoup d'images défilent dans ma tête, l'émotion devient grande, la gorge est serrée, j'ai du mal à me retenir.... Punaise, je l'ai fait, je ne pense qu'à ma famille, à mon fils qui de là haut doit m'encourager. Je suis ailleurs, mais continue à grimper.

sommet thaborOn arrive à la chapelle en 1h45 pour les 1100m de dénivellés depuis le ravitaillement, bien satisfait de notre montée, et pour l'instant tout va bien, on ne semble pas crâmés. Finalement cette ascension s'est bien passée, presque mieux que prévu,  tout en crescendo.037

 Au sommet, un accordéoniste accueille les concurrent(e)s, c'est assez sympa. Beaucoup de coureurs prennent le temps de savourer cet endroit! Je profite aussi de cette pause pour m'étirer un peu. On ne traîne pas, et c'est reparti pour la longue descente.

Dès les premiers hectomètres, le ton est donné, il faut rester vigilant et concentré. On traverse un névé super sécurisé par une main courante, ça piétine un peu, mais c'est vrai que l'endroit est abrupte.

043

Plus loin, on récupère la crête puis le col de Valmeinier, une dernière grimpette qui sera bel et bien la dernière. Je suis bloqué derrière un concurrent qui manque à plusieurs reprises de m'arponner avec ses bâtons.

044J'arrive à le passer, Ghislain me suit et on bascule en direction du col du Muandes en passant par la Roche Chardonnet. On traverse d'autres névés, le rythme est un peu saccadé, on arrive enfin à dépasser un groupe ce qui nous permet de nous détacher et de véritablement lancer notre descente.

Je passe devant, je suis bien et ne ressents aucune gêne du côté de mes genoux. Parfait, je m'amuse à attaquer, sauter, j'utilise mes bâtons au maximum ce qui me soulage énormément.

051.JPGOn passe au Col des Méandes pour plonger vers tous ces lacs, un terrain où il est vraiment agréable d'allonger la foulée. On croise plusieurs randonneurs qui nous encouragent mais nous prennent pour des dingos à galoper de cette sorte sur ces sentiers pentus.

053.JPGSur ce passage, je commence à ressentir des débuts d'ampoules sous mes doigts de pieds, les passages répétés dans la neige sans doute. J'essaie alors de ne pas courir tordu à vouloir compenser cette gêne. Heureusement la fin de parcours que j'ai pû reconnaitre en juin approche, et cette idée de retrouver ces terrains connus me réconforte, le plus dur est fait, enfin presque il reste du chemin quand même, une quinzaine de bornes.

056.JPGToujours dans un bon rythme on passe en binôme le lac Rond,  puis le lac Long. Je décide alors de faire un arrêt pour changer de paire de chaussettes, avant d'attaquer la dernière grosse descente vers les Chalets Laval. Pour nous 2, tout va bien, les organismes supportent plutôt bien les 7heures de course.

Je reste devant, j'ai cette drôle impression de sereinité, je suis même impressionné de ne pas souffrir plus que cela, mon manque de préparation se fait à peine ressentir et en moi je remercie Ghislain de m'avoir contenu dans ce début de course.

On arrive enfin sur la large piste qui nous mène aux Chalets Laval : 2d ravitaillement pK30 à 1h45 de la barrière horaire.

057.JPGJe m'alimente à nouveau généreusement  et fais le plein d'eau. On décide de repartir rapidement, les jambes commencent vraiment à être lourdes.

La fin du parcours est poussive, je sents que je tape dans les réserves, pourtant je garde le même rythme de course et je veux en finir le plus rapidement possible. Sur ce retour vers Névache, je distance Ghislain au gré des dépassements et chemins étroits. Je commence à piocher sérieusement,  presque en hypo, je tente alors de prendre un gel à 5km de l'arrivée, et voilà que je pars en vol-plané. Je m'affale dans un des rare endroits boueux, ce qui sera sans conséquence, mis à part l'épaule un peu défaite. Je me relève, récupère mon gel. Je fini au forcing, les encouragements des randonneurs sont les bienvenus.

Je franchi le pont de la Clarée, contourne l'Eglise, l'arche est bien là! Ouf, c'est fini, 9h05 de course, magique, je suis heureux, sur un petit nuage. Ghislain me rejoint 5minutes plus tard, lui aussi est aux anges, une vraie course d'équipe.058.JPGLa place est encore bien remplie, on récupère notre plateau repas avec la mousse qui va bien. Visiblement tout le monde est unanime, le parcours est fabuleux, un vrai de trail de montagne. La fin d'après-midi approche, il faut penser à prendre la route, lundi y a boulot, pas cool ça.....

 

Quelques infos course :

départ Laramon Col Gd Cros Pas Lac Blanc Chamois rav1 Col Méandes Thabor Col Muandes Lac Rond Lac Long Chalets Laval rav2 arrivée
7h00 8h45 9h35 9h45

10h40/

10h55

12h00 12h40 13h40 14h10 14h20

14h50/

15h

16h05

 

Bilan course ( 426 partants/ 354 classés)

  distance pour 3000m D+ chrono vitesse km/h allure  min/km
vainqueur 42km 4h45 8.84 6.78
moi (257/354) 42km 9h05 4.6 12.9

Profil parcours :

profil_course40.png

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Commentaires
A
<br /> Je ne connaissais pas cette course. C'est magnifique. Les cuisses ont du bien chauffer ! :)))<br /> Content que tu ais retrouvé la pêche et la motivation nécessaire pour bien profiter de la balade. Toutes mes félicitations à vous deux.<br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> salut Arthurbaldur! oui ça chauffé mais juste ce qu'il faut, pas de voyant rouge! Par moment la motivation ou une sorte d'exorcisme (je sais pas) , il a fallu y gérer!! à bientôt<br /> <br /> <br /> <br />
P
<br /> Bravo Hervé.<br /> Vraiment Bravo.<br /> Super content de lire ce récit.<br /> Chapeau, pour la course, pour t'être accrocher.<br /> Ca fait plaisir de lire ces lignes!<br /> <br /> Pis elle fait envie cette course!!!<br /> A bientôt<br /> <br /> <br />
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H
<br /> <br /> Merci Philippe! .....Comme beaucoup de courses en montagne, celle-ci est magnifique. en principe elle sera à nouveau au calendrier l'année prochaine, à suivre.... Je la conseille <br /> <br /> <br /> <br />